
SOS-migrants a des familles engagées pour être disponibles par exemple un lundi sur 2 ou un weekend par mois en cas de besoin. De mon côté, je suis joker de ces engagés-là. Quand la 1ere ligne de citoyens ne peut plus faire face, la seconde ligne est appelée et je réponds au SMS qui m’est adressé selon mes disponibilités
A chaque fois est fixé un lieu de rendez-vous et il faut se retrouver, se reconnaître. Puis, pour ma part, une attente principale, celle d’offrir un lieu de repos.
Partager sa maison, aujourd’hui alors que ces personnes n’ont pas d’abri, c’est oser faire l’accueil d’hommes et de femmes, d’enfants, d’adolescents qui soit, débutent leur parcours en France ou à Angers ou au contraire, qui, après avoir été insérés en termes d’hébergement, de travail, de formation, d’accès à la santé et à quelques ressources n’y ont plus le droit. Les enfants sont alors à l’école, font leurs devoirs, vont à leurs fêtes d’école mais ils errent de famille en famille, de sourires en déconvenues.
Qu’est-ce que les personnes sont fatiguées de ces trajets, de cette histoire, de ces rejets… mais quelle dignité !
A chaque rencontre, c’est une surprise : une langue étrangère ou la francophonie, un pays sur le globe qui prend vie, un conflit qui prend sens, une tristesse ou un regain d’énergie, une façon de cuisiner et la découverte de mets.
Nos silences, nos angoisses, nos sourires, nos énergies, nos différences et notre humanité ne font que se croiser dans ma petite maison.
Mais je gagne en humanité…
Dans cette période où la France et d’autres contrées catégorisent les humains et leurs droits, ouvrir ma maison, partager mon chez moi, c’est oser la rencontre, être humble dans cet accueil et résister au tri actuel dans l’accueil de l’autre. Le sentiment d’injustice entre ma condition qui me permet de travailler, de loger en paix, de voyager dans beaucoup d’endroits m’a permis d’agir grâce à cette petite action qui me transforme pourtant grandement.
Quelle déshumanité nous guette ?
Quels risques à ces rencontres ?
Je suis fière en tant que citoyenne de permettre aux bébés, aux enfants, aux personnes victimes de conflits guerriers, du changement climatique, de la pauvreté et ou de la traite des humains, d’éviter pour une nuit les risques liés à l’errance dans les rues angevines.
Ce petit geste me permet de participer à cette crise internationale et de ne pas y rester indifférente. Je ne peux que vous dire de proposer ce répit ou de trouver une autre forme d’engagement. Le mien, grâce à ce réseau de citoyens, est d’offrir un lit sécure où se poser et reprendre de l’énergie pour tous les défis surhumains qui les attendent. Et je remercie grandement les bénévoles qui nous mettent en lien.